Les charbonnages…
En 1853, une société puissante se forma pour réunir les diverses concessions situées sous Courcelles. Elle fut constituée sous le titre de Société Anonyme des Charbonnages du Nord de Charleroi, et ses statuts approuvés par Arrêté Royal du 16 novembre 1853. Cette société, composée en grande partie de capitalistes français, établit son siège à Sart-lez-Moulin.
Tous les sièges d'extraction de cette puissante société sont reliés par des chemins de fer, aux stations de Monceau, Roux et Courcelles-Centre. A Roux, se font les embarquements par le canal. La société possède des ateliers modernes, un triage du dernier perfectionnement à l'endroit dénommé « l'estacade » et une direction comprenant deux divisions, l'une industrielle et l'autre commerciale. La puissance d’extraction était en 1854, de 19.000 tonnes ; elle atteindra 500.000 T.
Vers 1810, les charbons se vendaient 50 centimes le quintal métrique. On les transportait par camions à Fontaine, Feluy, Arquennes, Viesville, pour les fours à chaux et à Bruxelles pour les tuileries. La liquidation de la société eu lieu le 30 mars 1928
La main d’œuvre…
Longtemps le secteur minier avait été à la base de l’essor économique de la Belgique, en constituant le premier secteur industriel. C’est pourquoi les groupes financiers avaient acquis son contrôle. Mais, quand ces derniers ont concentré dans l’Entre-deux-guerres leurs investissements dans les industries secondaires et d’équipement, ils se sont désintéressés de la problématique charbonnière : les mines doivent seulement fournir le charbon à bas prix nécessaire aux aciéries, aux cimenteries ou aux centrales électriques.
A la Libération, la nécessité de la reconstruction industrielle engage le Gouvernement d’union nationale à lancer la « bataille du charbon ». Malgré des mesures sociales visant à promouvoir le recrutement de mineurs belges, les résultats sont insignifiants et le Gouvernement prend alors conscience que sa réussite ne peut uniquement dépendre du retour des Belges à la mine. Il se résout à recourir à l’immigration massive des étrangers, rencontrant ainsi le souhait d’une partie du patronat charbonnier qui désire se constituer une formidable armée de réserve, taillable et corvéable à merci. L’ « exode des fils » ou les conséquences de l’aversion de la population wallonne pour le métier de mineur, pénible, dangereux et mal rémunéré, est particulièrement sensible au pays de Charleroi par l’existence de nombreux emplois plus qualifiés disponibles dans les industries régionales : sidérurgie, constructions métalliques et électriques, verreries
Le nombre moyen d’ouvriers occupés dans le bassin de Charleroi était de 5.574 en 1834, ce chiffre monte progressivement jusqu’à 48.716 unités en 1910. Il baisse pendant la Première Guerre mondiale et augmente ensuite jusqu’à 42.866 unités en 1930 dont 8.585 ouvriers étrangers, répartis en quarante nationalités différentes, soit 19,8 % du total. Ce sont des Français, Polonais, des Italiens, des Tchèques.
L’extraction charbonnière s’arrête dans le Centre en 1973, dans le Borinage en 1976, au pays de Liège en 1980, la fermeture du dernier charbonnage wallon, le Roton au pays de Charleroi, intervient en 1984. Une page de l’histoire de la Wallonie est tournée, mais l’épopée tragique des gueules noires est à jamais gravée dans la mémoire des Wallons. Le Bois du Cazier, lieu de la catastrophe minière qui fit 262 victimes en 1956, à Marcinelle, conserve les témoignages de cette glorieuse histoire pour les générations futures.
Si les administrateurs et directeurs ont pris une part active à l'exploitation du charbonnage, beaucoup d'ouvriers mineurs ont travaillés anciennement 10 et 12 heures par jour, y ont consacré la plus grande partie de leur existence. Certains accomplirent cette tâche pendant 40 ans. Les fils débutaient très tôt à travailler dans la mine. Ils commençaient dès 9 et 10 ans. Une famille entière de sept personnes réalisa toutes années confondues de chacun 328 années en 100 ans !

Bois du Cazier Marcinelle carte 1923
